Le vendredi 13 mars 2020 est le dernier TP que j'ai fait à Blois.
J'ai nettoyé mon appartement, vidé mon frigo et quitté celui-ci sans savoir que je ne reviendrai plus. J'ai fait une dernière balade à vélo dans les champs — encore un nouveau parcours, établi au fil de ces mois de sorties nocturnes qui m'avaient tellement plu. Puis j'ai pris le train.
Les courses nocturnes
Dès le début du confinement, j'ai pris l'habitude de courir la nuit. Parfois il fallait éviter les patrouilles de police — les sorties étaient limitées à un périmètre strict. Mais quelque chose dans ces courses de nuit, seul sur la rocade déserte, faisait du bien.
Je courais pour penser à autre chose. Pour m'épuiser suffisamment et m'endormir facilement au retour. Les étirements se finissaient régulièrement dans le jardin des rois — même si la grille était fermée. On peut sauter par-dessus, me direz-vous. À ne pas reproduire.
Assassin's Creed Origins — et la révélation
Fin avril, je découvre un jeu incroyable. Pendant deux semaines non-stop, 12 heures par jour. Jusqu'au soir du 10 mai où, pendant une course nocturne, seul dans la nuit claire, après avoir raconté une histoire à des moutons curieux, j'ai crié "once again" en référence à Ragnar Lothbrok.
J'avais remis au lendemain mes inscriptions en école d'ingénieurs depuis trop longtemps.
Le 11 mai, j'ai rendu ma candidature. C'était le dernier jour possible — je l'ignorais.
Le plus dur c'est toujours de poursuivre notre chemin, pas de le commencer.
Le lendemain — premier jour du déconfinement — trois mails arrivent dans la journée, l'un après l'autre. Ma candidature avait plu. Le 19 juin : accepté à l'ESILV.
Ce que le confinement m'a appris
Six mois à la maison. Des séries (Vikings — incroyable. Peaky Blinders — gros coup de cœur), des vélos vendus sur le Bon Coin, une guirlande LED soudée à la main, des playlists Spotify qui encapsulent des souvenirs entiers.
Et surtout : la capacité à prendre du recul. À voir les événements du passé comme des professeurs, pas comme des accidents.
Mes résultats de santé aussi étaient enfin bons — ma RCH était contrôlée. Ma maladie était sous surveillance mais je n'étais plus à la traîne. J'étais dans les normes.
Paris
Le 10 septembre 2020, je prends le train pour Paris.
Mon appartement à Levallois-Perret m'attend — tout neuf, mesuré et configuré dans ma tête depuis ma visite du mois de juillet. Le lendemain, rentrée à l'ESILV. Les Invalides le soir avec des camarades que je ne connaissais que via Messenger.
La vie parisienne commençait.
Je retiens beaucoup de ce confinement. Il a marqué une grosse étape dans ma vie — mais aussi dans celle de la France entière. J'ai pris du recul sur des événements qui m'étaient arrivés mais aussi sur les futurs en retenant du passé. Qualité chez moi dont je suis fier.
Keep learning and keep truth.