Je suis persuadé que rien n'arrive jamais sans rien, mais surtout sans raison. Je pense aussi qu'on peut toujours modifier ce qu'on appelle le destin.

Les Vikings étaient convaincus que le fil rouge de leur destin était tracé, qu'il leur était impossible d'en modifier le cours sans froisser les dieux. Ils acceptaient le sort qui leur était réservé — si un accident survenait, c'est que leurs divinités en avaient décidé ainsi.

Mais cette habitude a maintenant plus de dix siècles. Nous sommes au XXIème siècle. Nombre de penseurs, médecins, scientifiques et explorateurs ont pu découvrir les mystères qui nous entourent. Nous réfléchissons différemment de nos ancêtres vikings — la survie même de notre espèce n'a pu se faire que sur un schéma de réflexion basé sur la remise en question permanente.

Aujourd'hui, la question du destin est controversée. Pendant que certains sont persuadés d'être maîtres de chaque décision, d'autres croient qu'une entité supérieure leur dicte ce qu'ils vont manger à midi — ou qu'elle est la source de leur Hole In One à la partie de golf de samedi dernier avec Hervé. Ces derniers sont restés au même stade de réflexion que nos chers amis les vikings.

Je taquine, bien sûr. Je pouvais moi-même sûrement me reconnaître dans cette case il y a encore quelques mois.


Alors qu'est-ce qui a fait que j'ai retourné mon maillot ?

Si vous avez lu le titre de cet article, vous savez qu'il ne sera pas vraiment question de philosophie — mais plutôt de partage d'expérience à but pédagogique sur la RCH, la RectoCholique Hémorragique. (Les 2-3 atteints de la maladie de Crohn qui se cachent au fond de la classe : je vous vois, n'hésitez pas à vous manifester, on est quasiment pareils.)

Bienvenue à vous qui venez lire ces lignes.

Vous vous apprêtez à lire une part de ma vie qui m'a marqué malgré moi. Si vous êtes tombés sur ce site, c'est probablement que vous cherchez des réponses aux questions que vous vous posez tous les jours :

Pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Suis-je le seul ? Et le regard des autres — j'en fais quoi ? Comment s'en sortir au quotidien ?

Toutes ces questions ont des réponses. Je vais vous les apporter dans le récit de mes deux dernières années. Je vous ferai également part de mes meilleurs conseils pour que vous puissiez éviter certains problèmes qui me sont arrivés — mais surtout pour que vous viviez du mieux possible cette maladie, et que vous en sortiez comme j'ai pu le faire.

Je n'ai pas fait d'études de médecine. Mes propos seront uniquement tirés de mon expérience et de mes échanges avec des professionnels. Je serai néanmoins complètement transparent, et ne cacherai rien. Je n'ai d'ailleurs été payé par aucun médecin ou laboratoire pharmaceutique. Il fallait le préciser.


Chaque chose a débuté un matin — qu'on le choisisse ou non. On se souvient rarement de ce jour, mais plutôt de celui où tout s'est terminé. Car c'est cette fin qui a été réellement choisie.

Combien de personnes débutent un régime mais ne le finissent pas ? Le plus dur, c'est toujours de poursuivre le chemin. Pas de le commencer.

La suite arrive bientôt.